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Comment Maintenir sa Pratique de Jiu-Jitsu en devenant Parent?

Tout d’abord, il convient de féliciter l’heureux élu, qui connaît désormais les joies du manque de sommeil, des couches à changer et des biberons à préparer. Cependant il faut noter qu’il est normal qu’en devenant parent, de nombreux ajustements doivent être effectués, des réaménagements opérés, voire des suppressions complètes. Ainsi, chacun constatera que des changements drastiques seront effectués. À ce moment-là, il faudra donc définir ce qui est vraiment important et mérite de demeurer dans sa vie. Eh bien oui, adieu la vie de bohème avec tellement de temps que l’on peut regarder toutes les saisons de Breaking Bad en un week-end (je sais, j’ai des références un peu datées).

Ce qu’il en est, c’est qu’il ne faut pas culpabiliser de voir un certain nombre d’activités reléguées au second plan, notamment le jiu-jitsu brésilien. À présent, il faut déterminer si c’est quelque chose que l’on souhaite conserver dans sa vie ou non. Je considère que si l’on est là, c’est que la réponse est : OUI. Il suffit juste de trouver un moyen de concilier les deux. S’entraîner ou ne pas s’entraîner, telle est la question ?

De manière moins shakespearienne, cela se traduit par : « Comment trouver le temps d’aller s’entraîner avec un enfant en bas âge ? »

Réorganiser son agenda et revoir ses ambitions à la baisse

Maintenant que tu es parent, tu vas rapidement réaliser que ton temps, ton argent… ta vie, en somme, ne t’appartiennent plus. Il est donc nécessaire de mettre en place une organisation rigoureuse. Cette organisation dépendra largement des créneaux d’entraînement proposés par ton académie.

Je pars du principe qu’il existe toujours plusieurs créneaux dans ton club. Donc, si tu es plutôt du soir, mais qu’il existe potentiellement des créneaux le matin ou à midi, cela peut devenir ta bouée de sauvetage. C’est vraiment l’option optimale.

Lorsque l’obtention d’autres créneaux n’est pas possible, il est envisageable de réduire sa fréquence de présence au dojo. Cela s’applique principalement à ceux qui s’entraînent déjà plus d’une fois par semaine. En mathématiques, moins de 1 équivaut à 0, après tout.

Il vaut mieux s’entraîner une fois par semaine jusqu’à pouvoir augmenter progressivement la fréquence, que d’arrêter complètement en espérant un retour à une pratique régulière de 4 ou 5 fois par semaine. Aller ne serait-ce qu’une fois par semaine te permet de maintenir un certain nombre de réflexes. De plus, un contact régulier offre davantage d’opportunités pour augmenter progressivement la fréquence, passant de deux à trois fois par semaine, et ainsi retrouver ton rythme.

En revanche, si tu ne t’y rends pas pendant 4, 5, 6 mois, il sera très difficile, d’une part, de reprendre dès la première séance, et d’autre part, personne ne garantit que tu pourras retrouver le rythme souhaité à ce moment-là.

Ainsi, 1 tu l’as que 2 tu l’auras.

Changer de club

Ce point est un peu drastique, mais aux grands maux, les grands remèdes. Je sais que dans notre sport, les changements de club ne sont pas bien vus. Tu connais : Créonte et tout ça… C’est vrai que ce terme n’est pas très répandu. J’en parle dans un autre article, la promesse d’un scoot feignant.

Il faut comprendre ça comme suit : entre rien et changer de club. Malheureusement, parfois, une fois devenu parent pour trouver des créneaux qui puissent te convenir, il n’y a pas d’autre choix, et donc pour moi, c’est vite vu. C’est un peu comme si tu déménageais dans une autre ville, tu changerais forcément de club pour continuer à pratiquer. Là, c’est la même chose.

Après, il faut le faire avec manière. C’est-à-dire, partir sans un au revoir au coach, au club, à tes partenaires d’entraînement… Et quand je dis un au revoir au coach, je veux dire lui expliquer la situation et échanger avec lui. Parfois, il peut y avoir des solutions que tu n’imagines pas.

Pour l’anecdote, j’ai changé de boulot à la mi juin 2023 (oui, ça fait beaucoup avec ensuite un nouveau-né à la rentrée). Les cours étaient initialement à 19h, et avec le trajet boulot-maison, maison-entraînement, impossible d’arriver avant 19h30-19h45. Autant dire que la moitié du cours était passée, et que tu ne veux pas être le relou de service qui arrive systématiquement en retard. J’avais donc seulement deux solutions : arrêter le jiu-jitsu brésilien, ou bien en parler au prof. Bon, je n’ai pas eu le temps d’en parler, qu’un de mes amis de la salle m’a annoncé que les horaires allaient changer pour la saison 2023-2024, passant de 19h à 19h30. Je peux dire que ce fut un soulagement. Mais dans mon cas, on va dire que j’ai eu de la chance. Ce ne sera pas toujours le cas.

En réalité, si les horaires étaient restés inchangés, ma solution aurait été d’en parler avec le coach et voir s’il accepte que je sois toujours en retard. Bien sûr, en essayant d’être à l’heure quand je le peux et surtout de déranger le moins possible le cours lors de mon arrivée. Encore une fois, dans mon cas, mais je pense que cela peut être la même chose dans une grande majorité des salles, le coach aurait accepté.

Donc, avant le changement de club, il peut y avoir des solutions intermédiaires. Il faut juste en parler, et souvent, il y a moyen de trouver un compromis.

Trouver un terrain d’entente avec son/sa conjoint(e)

Autre point, et non des moindres, trouver un compromis avec sa moitié pour continuer à aller à l’entraînement. Il ne faut pas se mentir, l’un des problèmes majeurs lorsque l’on a un enfant, c’est de ne pas laisser la charge entière à l’autre conjoint. Surtout qu’en général, les activités sportives nécessitent un certain niveau de régularité. Et quand on ajoute le fait qu’il s’agit d’un sport de combat, il y a des créneaux à heure fixe. Donc, au final, cela devient peu flexible, dans le sens où on ne peut pas y aller à la volée quand on a du temps, comme c’est le cas par exemple pour la musculation, la course à pied, le vélo…

L’autre obstacle, lorsque l’on est parent, est que la maman peut avoir le sentiment d’être contrainte de rester s’occuper du petit pendant que l’autre prend du bon temps. Et ce sentiment, à mon sens, est légitime. Pour pallier à cet obstacle, il faut être astucieux comme un Sioux et entrer en négociation.

Le but n’est pas de tromper l’autre, mais bien que chacun d’entre vous y trouve son compte. Le conseil que je peux donner, c’est de procéder à un troc. Le lundi et mercredi, je vais au JJB, et le mardi et jeudi, tu fais ton truc (sport, sortie). Et chacun de ces créneaux, l’un s’occupera seul de l’enfant pour offrir à l’autre un espace de liberté. Ainsi, aucun de vous deux ne se sentira exploité pendant que l’autre vaque à ses occupations. Ce qui permet aussi d’être un parent plus épanouie.

Faire un autre sport

Oui oui, clairement je parle bien de faire autre chose que le jiujitsu. C’est plutôt simple à comprendre, parfois y a vraiment pas le choix. En devenant parent tu n’es plus « owner » de ton agenda. Et il n’y a pas de honte à ca. Alors que faire ? se morfondre dans son canapé en mangeant des chips et en mattant des vidéos sur Youtube ? Bien sur que non.

Le jjb reste un sport physique et à défaut de pouvoir s’entrainer techniquement, il est possible d’évoluer sur d’autres plans. Des sport comme le running, la natation ou la musculation peuvent être un bon moyen de s’entrainer, sans avoir de contrainte horaire. Et de permettre de maintenir ou même de s’améliorer sur son cardio, sa force, sa souplesse, son mental. Cela te permettra un retour au jiuji avec d’autres atouts.

Le running, ou autre, se pratique seul et à n’importe quel moment de la journée. Donc quand bébé est endormi, tu peux prendre tes baskets et aller faire un 5km.
Ou bien quand maman allaite le nourrisson, tu te fais une séance de muscu de 45min à la maison. Voici des exemples de séances de musculation ou HIIT qu’en tant que parent tu peux réaliser chez toi.
Et ainsi de suite, je pense que tu saisie l’idée.

Au final, il faut que la naissance de ton/ta petit(e) soit un bon moment, qui ne génère pas de frustration.  En tant que parent il faut juste trouver le bon rythme et être en paix avec ca. Pour rappel, la majorité d’entre nous faisons du JJB par plaisir. Il faut que cela reste ainsi, par moment on a plus de temps et par moment la vie nous rattrape. Et quel beau moment de ne pas pouvoir retourner s’entrainer suite à une naissance. C’est presque la seule excuse valable.

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